Bibliothèque-médiathèque à Boves : oui à la culture… mais non au « quota bureaucratique » payé au prix fort
Créer une bibliothèque-médiathèque (B-M) à Boves est une excellente idée. Nous sommes éloignés des grands équipements culturels, et il est normal que notre commune offre ce service aux habitants, aux familles, aux scolaires, aux aînés.
Le projet actuel n’est pas guidé par le bon sens, mais répond à une logique de ratio technocratique. Ce qui nous est présenté n’est en aucun lié aux besoins des habitants mais rattrape aux frais des Bovois et Bovoises un ratio m²/par habitant trop faible sur notre territoire.
Le point central : un « quota de m² » par habitant… et un quota non utilisé “rattrapé” sur Boves
Amiens Métropole base ses projets de construction sur un ratio national donné par la DRAC. En simplifiant, cela correspond à une logique de m² de bibliothèque-médiathèque par habitants, à l’échelle d’un ensemble de communes.
Boves est rattachée à un “pool” comprenant Cagny, Camon, Longueau et Boves. Et le raisonnement appliqué est le suivant :
- Pour Cagny, Camon, Longueau, il existe déjà environ 680 m² de bibliothèques.
- En additionnant tous les habitants du territoire dont ceux de Boves, on arrive à un volume théorique d’environ 1 200 m²
- Sur ces 1 200 m², 680 m² sont déjà construits, il reste donc delta d’environ 500 m².
- Et ce delta devient, dans les faits, la justification d’une bibliothèque de plus de 500 m² à Boves.
Dit autrement, en langage de tous les jours Pour être dans la norme d’un ratio théorique on complète à Boves ce qui manque.
Ce raisonnement nous parait absurde. On ne construit pas un bâtiment public sur la base de calculs Excel.
Un projet doit correspondre :
- Aux besoins réels,
- Aux contraintes du terrain,
- A la taille de la commune,
- A la capacité financière des habitants.
Un bâtiment métropolitain… mais une facture qui tombe sur les Bovois
Le coût annoncé du projet est obscur, il oscille selon les interlocuteurs entre 2 et 2.9 Millions d’Euros HT (hors aléas).
Boves devra participer via un fonds de concours. Le cadre de référence évoqué est généralement 30%. Mais en conseil municipal, Mme le Maire et ses adjoints ont décidé unilatéralement de porter ce fonds à 45%, sans délibération.
Dans les faits, avec un projet budgété à 2.9 Millions, cela donne :
- Fonds de concours à 30% → 870 000 € à la charge de Boves
- Fonds de concours à 45% → 1 305 000 € à la charge de Boves ( + 435 000 € payés par la commune).
Et voilà le lien direct avec le “calcul technocratique” :
ce nombre de m² manquant se transforme en mètres carrés construits à Boves… puis en facture majorée pour les habitants.
Ce n’est pas acceptable.
Une décision unilatérale : un problème démocratique (et juridique)
Un fonds de concours, ce n’est pas un arrangement entre amis. C’est un engagement financier lourd délibéré en conseil d’Amiens Métropole.
Une participation à 45% doit être débattue et votée par le Conseil Municipal de Boves. Il est impensable qu’une telle somme engage la commune sans délibération claire, et nous prive de tout autre projet d’investissement pour plusieurs années .Mme le maire et ses adjoints ne peuvent pas décider seuls.
Une implantation dans la cour de l’école qui impacte nos enfants
À cette logique “quota”, s’ajoute une absurdité : l’emplacement.
Implanter la B-M (plus de 500 m², emprise annoncée autour de 555 m²) dans la cour de récréation, après démolition de deux petites maisons, revient à :
- réduire l’espace scolaire,
- enclaver la cour,
- créer un chantier long au cœur de nos écoles,
- compromettre l’avenir, alors que la population pourrait augmenter avec les nouveaux logements,
- laisser une hypothétique végétalisation de la cour à la charge de la commune.
On n’urbanise pas une commune en grignotant l’école. L’école, c’est le cœur du village.
Les conséquences pratiques qu’on refuse de voir : circulation, stationnement, chantier
Le centre-bourg concentre déjà écoles, crèche, cantine, école de musique, mairie, salle des fêtes… et les flux sont tendus.
Nous manquons de stationnements.
Ajouter un nouvel équipement de cette taille, c’est programmer des difficultés quotidiennes
Et pendant les travaux (probablement près de deux ans), les enfants et leurs instituteurs vivront avec bruit, poussière, engins, ouvriers. Ce n’est pas anecdotique.
La proximité des cours de récréations nous semble de plus peu compatible avec le calme indispensable aux activités d’une bibliothèque.
Notre position : OUI à une Bibliothèque-Médiathèque, mais repensée à l’échelle de notre commune, sur un autre lieu et financièrement supportable
Nous sommes favorables à un projet, mais nous refusons :
- un projet surdimensionné basé sur un ratio technocratique
- une facture qui explose parce qu’on “rattrape” des m² non construits ailleurs,
- une implantation qui pénalise les enfants et l’avenir de l’école,
- une méthode sans transparence.
Avec votre confiance, nous demanderons à Amiens Métropole de surseoir au projet actuel et d’étudier une bibliothèque-médiathèque plus modeste, à la fois mieux dimensionnée et financièrement supportable. Le lieu d’implantation que nous envisageons : rue Victor-Hugo, sur le site de l’ancien cabinet médical (propriété communale), à proximité des écoles


